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Affirmation de soi : 5 clés pour apprendre à dire NON

« Apprendre à dire non », « savoir dire non », « Je ne sais pas  dire non » … si le sujet est si largement repris dans les livres, les magazines et sur le web , c’est, je crois qu’il y a un vrai besoin. A commencer par moi, qui était du genre à accepter des choses dont je n’ai absolument pas envie pour ne pas blessser … ou ne pas perdre un client !

Et si l’on en croit vos témoignages, je ne suis pas la seule à me coincer moi-même : 

Rempiler, à la demande d’un magazine ou d’un acteur institutionnel, à écrire pour la 250 000ème fois sur un sujet qui ne me branche plus du tout (à force) et sur lequel je n’ai (donc) plus rien à dire. Coût émotionnel : faible. Coût professionnel : en quelque sorte élevé car procrastination maximum donc tout est fait à la dernière minute quand, après avoir invoqué tous les saints, le client n’a toujours pas annulé la mission, et qu’il va donc falloir s’y coller pour de bon.

L’association des parents d’élèves te sollicite, ils ont vraiment besoin de toi comme… vice-présidente… J’ai dit oui dans un moment d’égarement, projetée dans une rêverie teintée de culpabilité maternelle. Regretté toute l’année dernière à faire des réunions inutiles et jamais à la hauteur des ambitions que j’aurais pu avoir pour l’école. Coût émotionnel : faible. Coût organisationnel : max.

Une agence de pub t’appelle alors que tu es débordée et que tu pars en vacances le lendemain, ils ont besoin d’un truc pour avant-hier, tu dis oui pour ne pas perdre le client. Tu pars avec du boulot et ta famille te regarde avec rancune quand ils partent se baigner et que tu restes « comme une nerd » devant ton écran. Coût émotionnel : élevé (ah ce sentiment si familier de culpabilité). Coût professionnel : nul (mais bon, ça se reproduira donc pas une bonne habitude à donner au client). Coût financier : à évaluer car si tu te magnes comme une malade pour leur sauver la mise, ils ne se magnent pas comme des malades pour te régler.

Alertée par ce fléau généralisé qu’est le Freelance qui s’auto-coince, j’ai sollicité l’avis d’un expert en thérapie cognitive qui a accepté de nous livrer quelques clés essentielles pour apprendre à dire Non et l’assumer: 

Clé numéro 1 : J’ai le droit de refuser.

Ca parait tellement évident, et pourtant… on est tellement dans l’émotion qu’on en oublie l’essentiel : j’ai le droit de proposer, j’ai le droit de refuser, en fait, j’ai le droit d’exister! S’en souvenir, c’est gagner en confiance et être mieux armé.

Clé numéro 2 : Le TU tue

Je n’utilise pas le « tu » mais le « je ». Pas question ici d’inverser les rôles « Je suis responsable du fait que vous ne m’avez pas payée depuis 3 mois, c’est ma faute, ma très grande faute » mais bien de ne pas pointer l’autre du doigt, ce qui permet de désamorcer l’agressivité et d’éviter le mode défensive. On commence toujours par parler de soi, de ce que la situation provoque pour soi.

Exemples:

  • Ne pas dire  » Vous êtes malhonnête de ne pas me payer » mais plutôt  » Ca me met mal à l’aise que vous mettiez autant de temps à me régler pas, je ne trouve pas ça normal ni bon pour la suite de notre collaboration ».
  • Ne pas dire :  » Tu es toujours en retard, ça me saoule » mais plutôt:  » Ca me blesse et ça me met en colère que tu arrives en retard, j’ai l’impression de passer après.
  • Etc

Clé numero 3 : Je ne suis pas obligée de me justifier!

Je ne suis pas OBLIGEE de me justifier. Nous vivons avec l’idée qu’il faut absolument se justifier pour tout, tout le temps. C’est faux. De la même façon que nous avons le droit d’accepter ou de refuser, nous ne sommes pas obligé d’expliquer dans les grandes largeurs à la vendeuse pourquoi son panty en poil de chameau ne nous emballe pas plus que ça. C’est non, c’est tout. (Oui c’est parce que c’est moche mais elle n’a pas besoin de le savoir).

 

Clé numéro 4 : Je m’entraine

Un truc magique pour se sentir parfaitement à l’aise au moment du refus : s’entrainer. De préference dans des situations peu impliquantes comme à la boulangerie, dans les magasins, au téléphone avec des vendeurs de chaussettes en plexiglas , etc …

Clé n°5 : Je propose une ouverture (si possible).

Quelques exemples d’ouverture pour prouver sa bonne foi et son envie de coopérer malgré le refus opposé:
    • « Ca me gêne (émotion)  de te le dire mais ça ne m’arrange pas ( affirmation) de garder ( encore) tes enfants cette semaine. Est ce que ça t’embêterai de voir si tu peux faire autrement? (ouverture) « 
    •  » Je suis désolée ( émotion)  mais je ne vais pas accepter cette mission (affirmation). En revanche je connais quelqu’un que ça pourrait intéresser, voulez-vous que je vous le présente? (ouverture) »
    •  » Ca me met en colère ( émotion) d’avoir à vous réclamer l’argent que vous me devez ( affirmation). Mais si vous avez des soucis de trésorerie nous pouvons en discuter? ( Au lieu de faire l’autruche).(ouverture)
    • Etc… 

Super Clé Bonus :

Et si … Mon client/ Mon conjoint/ Ma belle-mère s’emporte et que ça vire au drame?

Une relation gagnant-gagnant est une relation équitable notamment sur le temps de parole : Une relation ou l’autre parle 90% du temps sans m’écouter n’est pas une relation gagnant=gagnant. Par exemple, les personnalités agressives parlent beaucoup, souvent très fort pour affirmer leur domination et ne me laissent absolument pas en placer une. Dans ce cas une seule technique : ne pas l’interrompre. Chaque initiative viendra donner de l’eau à son moulin et fera repartir la machine. Il vaut mieux attendre que l’Agressif en ai terminé avec sa loghorrée et commence à s’essoufler complètement avant de lui demander poliment  » C’est bon? tu as terminé? Je peux donner mon point de vue »? Normalement, ça devrait le destabiliser ;)

Conclusion : « Préferer une petite injustice à un grand conflit » ( in: nouveau manuel de manipulation, G.Azzopardi). Mais uniquement dans le cas où celle- ci n’entame pas son estime de soi, evidement !

Et vous? dans quelles situations avez vous du mal à  » Dire non »? Vous êtes vous déjà retrouvé à faire quelque chose dont vous n’aviez pas envie? Racontez nous dans les commentaires!

 



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2 Comments on Affirmation de soi : 5 clés pour apprendre à dire NON

  1. Cyrille d'Humaniance
    21 octobre 2014 at 14 h 06 min (3 années ago)

    Bonjour Aurélie et merci pour votre article qui s’avère très pertinent! Apprendre à dire Non ET l’assumer, c’est une véritable mission commando! Dire non à un client, c’est un risque que les freelances ont souvent peur de prendre.

    Je trouve très utile la clé n°3 qui permet de se dégager une porte de sortie et qui nous donne l’opportunité d’assumer sa décision. Finalement, c’est faire preuve d’un sens commercial qui pourra ensuite s’avérer très fructueux!

    Répondre
    • Aurélie
      22 octobre 2014 at 7 h 15 min (3 années ago)

      Merci pour ton com’ Cyrille. J’espère que cet article sera utile parce que vraiment, j ‘étaient de celles qui acceptaient les pires missions par peur de manquer. Resultat des course : je perdais l’essence de mon activité de freelance, je me retrouvais à cours de temps pour accepter de nouvelles missions biiiien plus interessantes, et en prime je m ‘en voulais. D’où l’aide d’un cognitiviste sur ce point là :)

      Répondre

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